L’histoire de Bas les masques…

En 2005, je réponds à l’invitation de Soazig Le Bail, Alors éditrice chez Thierry Magnier. Elle vient de retenir Une bonne équipe pour la collection Petite poche. C’est ma première publication en littérature jeunesse. Soazig souhaite réaliser un recueil de nouvelles collectif sur le thème de l’écologie. J’accepte avec plaisir sa proposition. Intitulé initialement Salades vertes (d’où la présence des salades sur la couverture), les éditions Thierry Magnier se décident finalement pour un titre plus neutre… Et puis l’idée n’était pas de raconter des salades… Ce sera donc ces Nouvelles vertes, joliment préfacées par Hubert Reeves.

Je propose un texte intitulé Bas les masques. Ce qui m’intéresse ici, c’est d’imaginer un monde irrespirable, dans lequel on doit porter des masques à gaz et des combinaisons pour survivre. Je pense « écologie » bien sûr, mais aussi l’idée est pour moi de réfléchir aux corps cachés, à ce qu’on ne peut pas voir. J’imagine une histoire d’amour entre deux ados, un personnage de vieux résistant également, qui vient témoigner du monde d’avant dans une classe, un monde où les masques n’étaient pas nécessaires.

Quand j’étais en 4e, un résistant qui avait été emprisonné dans les camps de concentration était venu témoigner dans ma classe. Son visage ne m’a jamais quitté. Le silence qui régnait dans la classe quand il parlait. La force de son récit. Ses larmes retenues.

Nouvelles vertes a été régulièrement réimprimé depuis 2005, plus d’une dizaine de fois. Le recueil fait partie des recommandations de l’Éducation nationale. Il a été traduit en coréen. C’est mon texte qui a servi d’inspiration pour la couverture dans ce pays.

Avec le Covid, Bas les masques a commencé à résonner différemment. Et puis, en 2005, j’avais situé mon texte dans un futur proche. Sont évoqués par exemple des mouvements sociaux d’octobre 2020… Des enseignants m’ont contacté pour me dire à quel point le texte avait touché leurs élèves. J’en ai été très… touché.

J’ai décidé de mettre à disposition sur mon site Internet ma nouvelle. C’est de loin l’article qui est le plus souvent lu. Plus de 900 fois tout de même…

Et puis cette année, cerise sur le gâteau, j’ai appris qu’un extrait serait reproduit dans un manuel scolaire. Je suis donc au chapitre « science fiction » du manuel de français de 5e proposé par Hachette, aux côté de Mary Shelley, J.H Rosny ainé, de Jean-Pierre Andrevon et Frank Herbert. Et comme si cela ne suffisait pas, eh bien on m’a annoncé il y a quelques jours qu’un extrait de Bas les masques serait repris en novembre dans une anthologie publiée aux éditions Bruno Doucey et intitulée Des voix pour la Terre.