Les Ambassadeurs… en chantier

Dans la pratique de mon métier j’ai appris, au fil des années, à mener plusieurs chantiers de front… De temps en temps, c’est un vaste chantier qui s’ouvre, de plusieurs mois, voire davantage.

Après une première étape de recherches menée à bien grâce à l’équipe de l’association de la Turmelière qui m’a accueilli en résidence durant trois mois, et à mon compagnon de route, le talentueux Laurent Richard, me voilà plongé dans l’écriture proprement dite du scénario des Ambassadeurs qui devrait, quand il sera terminé, atteindre environ 120 planches.

Si je peux envisager sereinement de prendre le temps qu’il me faut pour mener mon histoire à son terme, c’est aussi grâce à la confiance des éditions Jungle et de leur éditrice, Estelle Dumesnil.

Je vous montrerai ici sans doute quelques images du Work in progress mais c’est encore un peu tôt. Avec Laurent, nous pratiquons un vrai travail de duo. De nombreux échanges nous sont nécessaires avant d’arriver à fixer nos pages, notre histoire en images.

Ce matin, en découpant quelques planches…. j’ai pensé à deux ou trois choses…

Tenter de dire ce qui nous anime et comment tout cela s’opère en nous. Penser que les personnages mènent un genre de vie autonome une fois qu’on les a modelés, cela paraît douteux, un peu extrême. J’ai lu quelques lignes sur le sujet, il y a un moment, dans un livre de Stephen King, Sac d’os, si mes souvenirs sont bons. Mais il existe bel et bien quelque chose de miraculeux. Il faut de la sueur. Nous faisons un vrai travail, nous, les raconteurs d’histoires. Mais ça ne suffit pas. Et la magie du reste me plaît bien, j’avoue.

Comme un univers qu’on déplierait progressivement. Si l’on prend garde à ce que rien ne se déchire, si on se donne le temps, on s’aperçoit que tout ou presque, en tout cas le squelette au moins, était en dormance en nous, des morceaux de notre histoire à agencer, réagencer. Tout trouve à un moment, à force de recherches, de tâtonnements, une logique. Et ça se déplie. Notre travail, écrire des histoires, c’est peut-être, sans doute, avant tout, disposer de cette capacité-là, l’entretenir aussi ; cette capacité à engranger les images, les sensations, et à tenter de les réassembler pour en faire un objet de fiction qui aidera à démêler tout cela, qui apportera la clarté qui nous manquait.