Pour une nouvelle chaîne du livre !

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il me faut prendre quelques précautions. Rappeler surtout qu’ici je ne cherche pas à épingler telle ou telle maison d’édition, ou à faire l’apologie des petits éditeurs qui seraient plus vertueux que les gros. Je connais de grandes maisons fabuleuses et de petites maisons pleines d’escrocs.

C’est bien le système que je condamne, ici avec l’idée de ne pas rester dans la plainte stérile mais bien de prendre le taureau par les cornes pour trouver les moyens de faire autrement. Comment créer des contenus, les imprimer et les amener jusqu’à leurs lecteurices, en veillant à respecter quelques principes, notamment la juste rémunération de chacune et chacun, et l’impact écologique de nos joyeuses gesticulations.

Après une vingtaine d’années de pratique en tant qu’auteur et une expérience dans certains autres domaines de la sacro-sainte chaîne du livre (DUT Métiers du livre, expérience d’employé de librairie, micro-activité éditoriale), il me semble avoir une assez bonne connaissance du secteur. Je fais également partie, depuis quelques années, du Comité consultatif de Livre et Lecture en Bretagne, comité de professionnels du livre œuvrant entre autres pour une meilleure connaissance interprofessionnelle, très bel espace de réflexion et d’expérimentation.

Je m’aperçois que nous sommes sans doute au bout de certaines pratiques et finalement, même si nous risquons de passer par des moments douloureux, cela nous laisse de belles raisons de nous réjouir. Hyper-concentration, surproduction, accélération des rotations sur les tables des libraires, un moment déjà que le système a montré ses limites. Si l’on ajoute à cela la hausse du prix des matières premières, notamment du papier, celle du coût des transports… il semble difficile d’envisager l’avenir dans un tel système avec beaucoup d’optimisme.

Un des maillons de la chaîne du livre interroge depuis longtemps les autres acteurices de cet osbcur biotope. La partie diffusion-distribution, qui englobe la promotion des nouveautés et le transport des livres jusqu’aux librairies. Incontournable ou presque (il est très difficile de percer pour une maison d’édition ne possédant pas de diffuseur), on a d’un côté des éditeurs qui courtisent des diffuseurs afin d’être accueillis dans leur catalogue. Hachette et Interforum, mastodontes de la diffusion, possèdent des dizaines de maisons dans leur catalogue. Il est difficile voire impossible de diffuser correctement chacune d’entre elles. De l’autre côté, on a des libraires qui, s’ils recevaient avant la visite de représentants, se voient dorénavant contraints pour certainds de compulser d’immenses catalogues pour faire leur choix. L’éditeur paie finalement souvent pour un service qu’on lui rend mal ou pas, et le libraire, à l’autre bout, fait parfois le travail du diffuseur. J’oubliais de préciser… c’est le diffuseur qui décide du pourcentage qu’il accorde au libraire, fonction du chiffre d’affaires de ce dernier. Pour faire court et moins technique, disons que ce sont ces structures qui font la pluie et le beau temps dans nos professions. Oui parce qu’au bout du bout de la chaîne, il y a les auteurices, et qu’on nous considère depuis longtemps (pas toujours hein) comme la seule variable d’ajustement envisageable.

Les grosses structures de diffusion-distribution sont liées à des grands groupes d’édition. Ah oui, sans blague, quelle surprise ! En France, les libraires accueillent les nouveautés dans leur boutique. Ils les paient et ont la possibilité de les retourner au diffuseur pendant un an. Pendant ce temps-là, les diffuseurs-distributeurs immobilisent la trésorerie des libraires et font travailler leur argent. C’est le propre du système capitaliste. Un tout petit nombre de personnes se font un maximum de profit sur le dos d’un grand nombre de gens qui travaillent pour pas grand-chose. Le système est bien rôdé. L’objectif du diffuseur est bien de placer un maximum d’exemplaires sur les tables des libraires, d’être présent au détriment des autres.

Un exemple concret pour illustrer mon propos. J’ai publié le premier tome d’une série de bande-dessinée en août 2021. Tirage annoncé par l’éditeur, l’équipe commerciale étant très confiante, 7 000 exemplaires. Mise en place de la nouveauté en librairie, 6 000 exemplaires. Le jour de la sortie, il en reste donc 1 000 exemplaires en stock. Si le succès est au rendez-vous, c’est-à-dire un succès rapide (en quelques semaines seulement, l’avenir d’un livre se joue), il va falloir que les libraires puissent faire un réassort (réapprovisionnement). On ne peut pas se permettre d’être en rupture sur une nouveauté. Donc l’éditeur lance une réimpression de 3 000 exemplaires. Finalement… le succès n’est pas au rendez-vous, enfin pas autant qu’on le souhaiterait, ou pas assez rapidement. Les libraires font pas mal de retours au bout de quelques mois. Les ventes effectives sont au bout d’un an de 3 000 exemplaires et les retours de 4 000 exemplaires. Sachant que tous les retours sont pilonnés, détruits… Ayant quelques principes écologiques, je n’ai vraiment plus envie d’alimenter cette machine. Dans cet exemple, le seul bénéficiaire est la structure de diffusion.

Il est temps que tout cela cesse. Voilà pourquoi j’expérimente depuis quelques mois, années, de nouvelles pistes. Et je suis bien décidé à en défricher de nouvelles avec mes nombreux collègues auteurices, éditeurices, libraires.

D’abord collaborer avec certaines maisons d’édition qui ne travaillent pas ainsi… c’est sans doute un début de solution. Les éditions de la Cabane bleue, avec lesquelles j’ai réalisé 7 livres pour le moment participent de ce beau mouvement de renouveau. Curieusement, Sarah et Angela, les éditrices, ont choisi de ne pas avoir de structure de diffusion. Et à l’autre bout de la chaîne, côté auteur, je me vois correctement rémunéré.

Ensuite, développer une structure d’édition de mon côté. Et dans cette dernière, rééditer des contenus (en jeunesse) dont j’ai récupéré les droits, parfois sous de nouvelles formes (livres audio, poche). Puisqu’il s’agit de rééditions, je remets en valeur des contenus qui ont déjà été validés par des maisons d’édition. J’évite par-là, je pense, certains écueils de l’auto-édition. Je ne m’interdis pas non plus d’éditer des coups de cœur, d’autres auteurices. Voilà le sens de Benoît Broyart éditeur.

Pour ces livres, j’ai deux canaux de vente. Je travaille avec un réseau de libraires, souvent indépendants, en diffusion-distribution directe donc. Je propose aussi un espace de vente sur le Net, une librairie virtuelle, La librairie de Benoît. En achetant sur ce site (www.lalibrairedebenoit.fr), vous privilégiez le circuit court du livre en rémunérant directement le producteur, donc l’auteur le plus souvent ici…

Réveillons-nous ! Imaginons d’autres possibles !

Ouverture de la librairie de Benoît

Après quelques semaines de travail et avec l’aide précieuse de ma compagne, qu’elle en soit remerciée, j’ai le grand plaisir de vous annoncer la naissance d’un nouvel espace de vente, bien plus accueillant que le précédent.

Dans le menu de ce site, il vous suffit de cliquer sur La librairie de Benoît ou de cliquer ici et hop, vous serez télétransporté à vitesse grand V dans ma boutique qui privilégie le circuit court.

Vous trouverez dans ce nouvel espace les productions de Benoît Broyart éditeur mais aussi des rééditions et quelques-uns de mes pas de côté effectués avec d’autres auteurices.

Deux nouveautés que j’ai déjà évoquées par ici…

Mes trois livres audio…

Et quelques autres petites merveilles… que je vous laisse découvrir.

Noël approche… Livraison rapide assurée !

Bruce et Jean-Marcel bientôt de retour

Après quelques années d’absence, j’ai beaucoup de plaisir à vous annoncer que Bruce et Jean-Marcel, nos deux amis férus de potager au naturel, seront bientôt de retour en librairie.

Les carottes sont cuites et La fin des haricots, conçus avec l’ami Laurent Richard, reviennent en effet le 8 novembre en force et en poche !

Les deux pitchs, en espérant vous mettre l’eau à la bouche :

Les carottes sont cuites : Les carottes, c’est leur truc, leur passion. Crues, cuites, râpées, en rondelles, en purée ou en soupe. En gratin, en tarte ou en tourte. Le problème ? L’un est un jardinier consciencieux quand l’autre joue double jeu !

La fin des haricots : Jean-Marcel et son acolyte, le lapin jardinier, sont aux petits soins pour leur potager 100 % naturel. Leur réputation a dépassé le marché local et des extraterrestres mangeurs de haricots verts réclament maintenant leurs conseils…

Ces livres, à déguster à partir de 3 ans, sont garantis sans pesticides ni engrais de synthèse et imprimés en Bretagne.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, eh bien vous aurez droit en 2023, au même format, au troisième et dernier volet de cette aventure, resté jusqu’à présent inédit, La cerise sur le gâteau, dans lequel… ça non par contre, vous le saurez plus tard.

Tu seras où où où où où ?

Un petit point agenda si vous avez envie de savoir où vous pourrez me trouver ces prochains mois…

Le 25 septembre, je participerai à la 13e édition du Festilivres de Juvardeil (49), pas très loin d’Angers.

Les 7, 8 et 9 octobre, je partirai loin de chez moi près de Cannes (06) avec Les éditions La Cabane bleue, pour rejoindre le fabuleux Festival du livre de Mouans-Sartoux. Très belle affiche réalisée par Camille Nicolazzi.

Le 21 octobre, j’aurai l’immense plaisir de partager le plateau avec Arthur Broyart (à la guitare) et Laurent Richard (dessin) pour une lecture dessinée et musicale autour de l’univers d’Antonin Artaud. Ce sera à la médiathèque de Redon (35) à 20h, dans le cadre des semaines d’information sur la santé mentale. Spectacle gratuit.

Et le dimanche 26 novembre, je serai au Salon du livre jeunesse du Pays de Lorient (56) avec grand plaisir.

En espérant vous voir ici ou là.

Dr Jekyll, Mr. Hyde et moi

En 2016, répondant à l’invitation de Séverine Vidal et Manu Causse, j’ai participé au recueil 16 nuances de première fois (paru aux éditions Eyrolles en 2017) consacré… aux premières fois. Je ne sais pas si ce recueil destiné aux ados est toujours disponible. En tout cas, vous trouverez ci-après ma contribution, Dr Jekyll, Mr. Hyde et moi. Bonne lecture.

« La chair est triste, hélas ! Et j’ai lu tous les livres. » Je n’arrête pas de penser à ce vers de Mallarmé que la prof nous a lu en classe. Tous des loosers, les poètes. Enfin, la plupart, c’est certain. Des exemples, on en trouve des tonnes, chez Baudelaire, Desnos. Tous démontés à l’idée d’adresser la parole à la femme de leur vie ! Heureusement, c’est mieux pour certains : Aragon dingue d’Elsa ou Apollinaire déclarant sa flamme à Lou :

« Tes seins ont le goût pâle des kakis et des figues de Barbarie

Hanches fruits confits je les aime ma chérie. »

« La chair est triste, hélas ! » et tous les livres, je suis loin de les avoir lus. Même si on me prend pour un intello. Heureusement que je n’ai pas de lunettes.

Ma première fois, ce sera comme dans les livres. Comme dans les poèmes quand ça marche. Je suivrai alors les pas d’Aragon ou d’Apollinaire. Les seins qu’on croque comme des figues, les hanches aussi… et les fruits confits. Pour l’instant, je ne fais pas un seul pas vers Julie. J’ai peur du râteau. Je suis quand même sur la liste des invités pour sa fête. Max pense que j’ai de la chance et il a raison. Il aimerait être à ma place. Je ne suis pas le seul invité mais tout n’est pas perdu d’avance avec Julie. J’ai mes chances ? Rien n’existe vraiment entre nous. C’est juste le début d’un film que je me fais tout seul à mon avis. Quand Julie m’a tendu l’invitation pour sa soirée, j’ai eu super chaud. Les oreilles rouges. Je lui ai fait un sourire de débile. Et j’ai pué la sueur tout le reste de la journée.

Ma première fois comme dans les poèmes, bien sûr… Et d’un autre côté, ces derniers temps, à la moindre occasion, je ne pense pas à Julie du tout. Ou pas seulement. C’est confus. Mr. Hyde se réveille. En bas de mon ventre. Je ferme la porte de ma chambre. Je me précipite sur mon portable, je me cale sur un site bien hard et je sors mon paquet de Kleenex. C’est de pire en pire. J’ai honte de le dire, mais parfois j’en suis réduit à ça plusieurs fois par jour. Je me dégoûte à un point ! Les poètes, il y a cent cinquante ans, ils faisaient comment ? Parce qu’à leur époque Internet n’existait pas. Les mouchoirs en papier non plus mais bon… Des films, il suffit de fermer les yeux pour s’en faire. Oui, mais la différence, c’est peut-être les images qu’on balance aujourd’hui. À leur époque, c’était sûrement moins trash. Aucun type pour répéter des « Tu aimes ça, hein ? Tu aimes ça, hein ? Tu aimes ça, hein? ». C’est pas des mots de poètes. Je dois faire quoi de tout ce qui m’arrive ? Et dans la vraie vie, faire l’amour, c’est comment ?

Je crois que j’ai un gros problème d’hormones. Le bas de mon ventre est comme un volcan en suractivité du matin au soir. Il a envie d’exploser en permanence. Les hormones, c’est M. Nicrot, mon prof de sport, qui m’a mis sur la voie. Quand on s’échauffe, il tient à ce que ça dure longtemps. Il n’y a pas de secret. Si on ne veut pas se fouler quelque chose. Au début de l’année, il y en avait toujours un pour lancer une vanne à ce moment-là : « Plus c’est long, plus c’est bon. » Alors qu’il prend ça au sérieux, M. Nicrot, les échauffements. Il a trouvé un truc imparable pour que les gros lourds ne l’ouvrent plus. Il a regardé la classe en disant : « Ça leur passera, c’est les hormones. » L’effet a été miraculeux. Du jour au lendemain, plus personne ne l’a ramenée. Quand on s’échauffe en sport, maintenant, on entend toutes les mouches voler. Finalement, ça m’arrange bien. J’ai un peu moins honte du Mr. Hyde qui prend parfois possession de mon corps. Un peu moins honte de celui qui se précipite sur le portable, ou du même qui a la langue pendante quand la prof de maths met son chemisier blanc. On voit le bout de ses seins pointer à travers. Pas facile tous les jours, quand même.

La fête de Julie, c’est ce soir. Je me prépare devant le miroir. Sweat et tee-shirt noirs, jean noir, Docs noires. La tenue du parfait corbeau ténébreux. Celle de Rimbaud, Baudelaire sans doute. Celle des tristes et des révoltés. Celle du Maldoror de Lautréamont.

Quand j’arrive chez Julie, ce n’est pas elle qui m’ouvre la porte. C’est Carole, sa grande sœur. Où est passée Julie ? Je l’aperçois bientôt et je pense illico que ma soirée est ruinée. Elle discute avec un type que je n’ai jamais vu. Il est très près d’elle. J’ai envie de tout planter là. J’ai le seum. Mais je me glisse finalement parmi les invités. Tant pis pour Julie. Je me suis sans doute monté la tête. Je me trouve une ou deux connaissances avec lesquelles je peux engager des conversations. Je passe le temps. La plupart des filles ont mis des tenues hyper moulantes. Mais de toute façon, même un pull informe me paraîtrait sexy. Certaines me regardent parfois. Je sens alors Hyde qui frappe à la porte de mon cerveau. Je lutte pour que les figues et les fruits confits des poètes ne disparaissent pas complètement. Je suis un être de désir mais un être civilisé.

Et dix minutes plus tard, tout bascule. Carole s’approche de moi. Je me demande ce qu’elle fait là, au milieu d’ados qui ont tous deux ans de moins qu’elle. Elle me sourit.

– On s’est déjà vus, non ?

J’ai presque le réflexe de regarder derrière moi pour voir si elle ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Je réponds à sa question par une pauvre vanne.

– Oui, il y a un quart d’heure. C’est toi qui m’as ouvert la porte.

J’ai la sensation de rêver. Carole est en train de m’allumer. Je pense « C’est quoi ce drôle de plan ? » J’ai peur de tomber de haut et de me payer la honte de ma vie. J’essaie de me rattraper.

– Je déconne. Oui, sûrement au lycée. Quand tu viens chercher Julie en voiture.

Carole m’impressionne. Même plus que ça. Elle a des jambes à n’en plus finir. Mr. Hyde, couché s’il te plaît, allez ! Apparemment, mon sens de l’humour douteux ne lui déplaît pas. Elle poursuit.

– Je t’offre un verre.

Je ne sais pas quelle attitude adopter, alors je me laisse faire. J’ai super envie de l’embrasser. Et si elle me propose d’aller plus loin avec elle, je fais quoi ? Puisque j’en crève, parfois, de ce problème d’hormones…

En fait, je vais me réveiller et dégringoler à la cave. Plus bas même. Certains copains de Julie ont proposé à la grande sœur de me chauffer comme ça, pour voir. C’est quoi la réaction d’un intello ? Elle va me dire dans cinq minutes : « Mais tu y as vraiment cru ? » Elle va ricaner et je ne saurai plus où me mettre.

Carole revient du bar, deux verres dans les mains. Elle m’en tend un. On s’assoit sur le canapé. Je suis pétrifié. En même temps, forcément, j’ai les hormones qui travaillent, le bas du ventre qui commence à bouillir, la sensation que si elle me frôle, je vais exploser.

Autour de nous, les autres ne font pas attention. Comme si on avait disparu. Je la sens de plus en plus proche de moi. Sa cuisse touche la mienne. Et là, je n’ai bientôt plus aucun doute. Et je m’en fous d’ailleurs. Elle vient de me prendre la main. Qu’est-ce qui lui plaît chez moi ? Mon costume de corbeau ? Le côté mystérieux que je cultive.

Ni Jekyll ni Hyde ne sont plus avec moi. Envolés ces deux-là. Qu’est-ce qui reste ? Juste une vague de désir, forte et irrépressible. Quelque chose que je ne connaissais pas. J’hésite. Je devrais partir je crois. Ma première fois, je ne l’imaginais pas comme ça. En même temps, Carole est contre moi. Je ne veux pas que ça s’arrête. Je ne pense à rien de chelou. Les images du Net sont loin. Il y a son sourire, ses lèvres rouges, son visage. Elle vient de m’embrasser. J’ai senti ses seins contre ma poitrine.

Quelques minutes plus tard, elle me prend par la main et elle m’entraîne loin du salon. Je continue de rêver. Carole m’emmène dans sa chambre. J’ai peur. Je risque d’être pitoyable. Je n’ai jamais vu une fille nue en vrai.

On est bientôt rien que tous les deux. Elle a refermé la porte derrière nous. Je n’ai pas le temps de réfléchir. Carole me tourne le dos et se déshabille avant de se glisser dans le lit.

– Tu viens ?

Elle dit ça naturellement. Je ne l’ai jamais fait. Je ne suis pas prêt. Je ne dis rien parce qu’autrement j’alignerais les banalités et je passerais pour un crétin. Je me retourne et je me déshabille. Je m’approche du lit. Je me sens vraiment débile avec mon truc tout gonflé qui me précède. C’est impossible à cacher, tout le désir que j’ai pour elle. Carole m’attend. Elle ouvre la couette et, l’instant d’après, je suis contre elle. Depuis le début, elle a le contrôle de la situation et je me sens tellement naze que je ne sais pas quoi faire. Mon sexe est dur contre sa jambe. On s’embrasse. Sa bouche a un goût extraordinaire. Le goût d’un fruit qui n’existe pas. Des baisers, j’en ai donné. Mais là, j’ai un corps de femme dans les bras. Une peau qui n’est pas la mienne contre la mienne. Avec ma main, je caresse le bout d’un de ses seins. La pointe se dresse. Je crois qu’elle apprécie. Elle vient de fermer les yeux. J’ai les images du Net qui reviennent polluer ma tête. Là, elle devrait déjà me dire des choses salaces et elle s’apprêterait à me faire une fellation. Oui, mais je suis sûr que ça ne se passera pas comme ça.

Carole s’est redressée. Elle a pris un préservatif dans une boîte sur sa table de chevet. Elle me le tend. J’en déduis que c’est le moment. Je déchire la pochette, j’enfile la capote et je le glisse sur elle. Carole me dit :

– Pas si vite, s’il te plaît. J’ai envie que tu me caresses.

Je crois qu’elle sait, Carole, que c’est ma première fois. Elle prend ma main et la pose entre ses cuisses. Elle me guide pour que je la touche au bon endroit. En haut de son sexe. Ses lèvres sont humides et chaudes. Douces. J’entends son souffle accélérer. Je n’ose pas appuyer. Je tourne un peu maladroitement d’abord puis, sous mes doigts, je sens son clitoris qui grandit. Quelques minutes encore à la caresser et j’entre en elle. J’aimerais qu’on reste des heures comme ça mais je jouis rapidement. Carole ne dit rien. Je suis si bien. Là. Rien d’autre. Peau contre peau. J’aimerais mourir mourir maintenant. Elle me retient longtemps dans ses bras.

J’ai fait l’amour. Je n’ai pas honte. La chair n’est pas triste. C’était bon. Je sais que Carole et moi, ça va s’arrêter là. Juste le désir à un moment. Quelque chose d’énorme qui monte. Une grande vague. Nos deux corps pour une seule fois. Carole. Ma première fois.

Je me rhabille et je sors bientôt de la chambre. Je suis incapable de lui parler. Je quitte la fête aussi. Je n’ai pas la tête à m’amuser. Je me sens un peu bizarre. J’ai besoin de marcher longtemps dans la nuit. J’ai envie de pleurer presque. J’ai envie de me perdre, de ne plus jamais rentrer à la maison. Juste marcher longtemps dans la nuit.

p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120% } « La chair est triste, hélas ! Et j’ai lu tous les livres. » Je n’arrête pas de penser à ce vers de Mallarmé que la prof nous a lu en classe. Tous des loosers, les poètes. Enfin, la plupart, c’est certain. Des exemples, on en trouve des tonnes, chez Baudelaire, Desnos. Tous démontés à l’idée d’adresser la parole à la femme de leur vie ! Heureusement, c’est mieux pour certains : Aragon dingue d’Elsa ou Apollinaire déclarant sa flamme à Lou : « Tes seins ont le goût pâle des kakis et des figues de Barbarie Hanches fruits confits je les aime ma chérie. » « La chair est triste, hélas ! » et tous les livres, je suis loin de les avoir lus. Même si on me prend pour un intello. Heureusement que je n’ai pas de lunettes. Ma première fois, ce sera comme dans les livres. Comme dans les poèmes quand ça marche. Je suivrai alors les pas d’Aragon ou d’Apollinaire. Les seins qu’on croque comme des figues, les hanches aussi… et les fruit confits. Pour l’instant, je ne fais pas un seul pas vers Julie. J’ai peur du râteau. Je suis quand même sur la liste des invités pour sa fête. Max pense que j’ai de la chance et il a raison. Il aimerait être à ma place. Je ne suis pas le seul invité mais tout n’est pas perdu d’avance avec Julie. J’ai mes chances ? Rien n’existe vraiment entre nous. C’est juste le début d’un film que je me fais tout seul à mon avis. Quand Julie m’a tendu l’invitation pour sa soirée, j’ai eu super chaud. Les oreilles rouges. Je lui ai fait un sourire de débile. Et j’ai pué la sueur tout le reste de la journée. Ma première fois comme dans les poèmes, bien sûr… Et d’un autre côté, ces derniers temps, à la moindre occasion, je ne pense pas à Julie du tout. Ou pas seulement. C’est confus. Mr. Hyde se réveille. En bas de mon ventre. Je ferme la porte de ma chambre. Je me précipite sur mon portable, je me cale sur un site bien hard et je sors mon paquet de Kleenex. C’est de pire en pire. J’ai honte de le dire, mais parfois j’en suis réduit à ça plusieurs fois par jour. Je me dégoûte à un point ! Les poètes, il y a cent cinquante ans, ils faisaient comment ? Parce qu’à leur époque Internet n’existait pas. Les mouchoirs en papier non plus mais bon… Des films, il suffit de fermer les yeux pour s’en faire. Oui, mais la différence, c’est peut-être les images qu’on balance aujourd’hui. À leur époque, c’était sûrement moins trash. Aucun type pour répéter des « Tu aimes ça, hein ? Tu aimes ça, hein ? Tu aimes ça, hein? ». C’est pas des mots de poètes. Je dois faire quoi de tout ce qui m’arrive ? Et dans la vraie vie, faire l’amour, c’est comment ? Je crois que j’ai un gros problème d’hormones. Le bas de mon ventre est comme un volcan en suractivité du matin au soir. Il a envie d’exploser en permanence. Les hormones, c’est M. Nicrot, mon prof de sport, qui m’a mis sur la voie. Quand on s’échauffe, il tient à ce que ça dure longtemps. Il n’y a pas de secret. Si on ne veut pas se fouler quelque chose. Au début de l’année, il y en avait toujours un pour lancer une vanne à ce moment-là : « Plus c’est long, plus c’est bon. » Alors qu’il prend ça au sérieux, M. Nicrot, les échauffements. Il a trouvé un truc imparable pour que les gros lourds ne l’ouvrent plus. Il a regardé la classe en disant : « Ça leur passera, c’est les hormones. » L’effet a été miraculeux. Du jour au lendemain, plus personne ne l’a ramenée. Quand on s’échauffe en sport, maintenant, on entend toutes les mouches voler. Finalement, ça m’arrange bien. J’ai un peu moins honte du Mr. Hyde qui prend parfois possession de mon corps. Un peu moins honte de celui qui se précipite sur le portable, ou du même qui a la langue pendante quand la prof de maths met son chemisier blanc. On voit le bout de ses seins pointer à travers. Pas facile tous les jours, quand même. La fête de Julie, c’est ce soir. Je me prépare devant le miroir. Sweat et tee-shirt noirs, jean noir, Docs noires. La tenue du parfait corbeau ténébreux. Celle de Rimbaud, Baudelaire sans doute. Celle des tristes et des révoltés. Celle du Maldoror de Lautréamont. Quand j’arrive chez Julie, ce n’est pas elle qui m’ouvre la porte. C’est Carole, sa grande sœur. Où est passée Julie ? Je l’aperçois bientôt et je pense illico que ma soirée est ruinée. Elle discute avec un type que je n’ai jamais vu. Il est très près d’elle. J’ai envie de tout planter là. J’ai le seum. Mais je me glisse finalement parmi les invités. Tant pis pour Julie. Je me suis sans doute monté la tête. Je me trouve une ou deux connaissances avec lesquelles je peux engager des conversations. Je passe le temps. La plupart des filles ont mis des tenues hyper moulantes. Mais de toute façon, même un pull informe me paraîtrait sexy. Certaines me regardent parfois. Je sens alors Hyde qui frappe à la porte de mon cerveau. Je lutte pour que les figues et les fruits confits des poètes ne disparaissent pas complètement. Je suis un être de désir mais un être civilisé. Et dix minutes plus tard, tout bascule. Carole s’approche de moi. Je me demande ce qu’elle fait là, au milieu d’ados qui ont tous deux ans de moins qu’elle. Elle me sourit. – On s’est déjà vus, non ? J’ai presque le réflexe de regarder derrière moi pour voir si elle ne s’adresse pas à quelqu’un d’autre. Je réponds à sa question par une pauvre vanne. – Oui, il y a un quart d’heure. C’est toi qui m’as ouvert la porte. J’ai la sensation de rêver. Carole est en train de m’allumer. Je pense « C’est quoi ce drôle de plan ? » J’ai peur de tomber de haut et de me payer la honte de ma vie. J’essaie de me rattraper. – Je déconne. Oui, sûrement au lycée. Quand tu viens chercher Julie en voiture. Carole m’impressionne. Même plus que ça. Elle a des jambes à n’en plus finir. Mr. Hyde, couché s’il te plaît, allez ! Apparemment, mon sens de l’humour douteux ne lui déplaît pas. Elle poursuit. – Je t’offre un verre. Je ne sais pas quelle attitude adopter, alors je me laisse faire. J’ai super envie de l’embrasser. Et si elle me propose d’aller plus loin avec elle, je fais quoi ? Puisque j’en crève, parfois, de ce problème d’hormones… En fait, je vais me réveiller et dégringoler à la cave. Plus bas même. Certains copains de Julie ont proposé à la grande sœur de me chauffer comme ça, pour voir. C’est quoi la réaction d’un intello ? Elle va me dire dans cinq minutes : « Mais tu y as vraiment cru ? » Elle va ricaner et je ne saurai plus où me mettre. Carole revient du bar, deux verres dans les mains. Elle m’en tend un. On s’assoit sur le canapé. Je suis pétrifié. En même temps, forcément, j’ai les hormones qui travaillent, le bas du ventre qui commence à bouillir, la sensation que si elle me frôle, je vais exploser. Autour de nous, les autres ne font pas attention. Comme si on avait disparu. Je la sens de plus en plus proche de moi. Sa cuisse touche la mienne. Et là, je n’ai bientôt plus aucun doute. Et je m’en fous d’ailleurs. Elle vient de me prendre la main. Qu’est-ce qui lui plaît chez moi ? Mon costume de corbeau ? Le côté mystérieux que je cultive. Ni Jekyll ni Hyde ne sont plus avec moi. Envolés ces deux-là. Qu’est-ce qui reste ? Juste une vague de désir, forte et irrépressible. Quelque chose que je ne connaissais pas. J’hésite. Je devrais partir je crois. Ma première fois, je ne l’imaginais pas comme ça. En même temps, Carole est contre moi. Je ne veux pas que ça s’arrête. Je ne pense à rien de chelou. Les images du Net sont loin. Il y a son sourire, ses lèvres rouges, son visage. Elle vient de m’embrasser. J’ai senti ses seins contre ma poitrine. Quelques minutes plus tard, elle me prend par la main et elle m’entraîne loin du salon. Je continue de rêver. Carole m’emmène dans sa chambre. J’ai peur. Je risque d’être pitoyable. Je n’ai jamais vu une fille nue en vrai. On est bientôt rien que tous les deux. Elle a refermé la porte derrière nous. Je n’ai pas le temps de réfléchir. Carole me tourne le dos et se déshabille avant de se glisser dans le lit. – Tu viens ? Elle dit ça naturellement. Je ne l’ai jamais fait. Je ne suis pas prêt. Je ne dis rien parce qu’autrement j’alignerais les banalités et je passerais pour un crétin. Je me retourne et je me déshabille. Je m’approche du lit. Je me sens vraiment débile avec mon truc tout gonflé qui me précède. C’est impossible à cacher, tout le désir que j’ai pour elle. Carole m’attend. Elle ouvre la couette et, l’instant d’après, je suis contre elle. Depuis le début, elle a le contrôle de la situation et je me sens tellement naze que je ne sais pas quoi faire. Mon sexe est dur contre sa jambe. On s’embrasse. Sa bouche a un goût extraordinaire. Le goût d’un fruit qui n’existe pas. Des baisers, j’en ai donné. Mais là, j’ai un corps de femme dans les bras. Une peau qui n’est pas la mienne contre la mienne. Avec ma main, je caresse le bout d’un de ses seins. La pointe se dresse. Je crois qu’elle apprécie. Elle vient de fermer les yeux. J’ai les images du Net qui reviennent polluer ma tête. Là, elle devrait déjà me dire des choses salaces et elle s’apprêterait à me faire une fellation. Oui, mais je suis sûr que ça ne se passera pas comme ça. Carole s’est redressée. Elle a pris un préservatif dans une boîte sur sa table de chevet. Elle me le tend. J’en déduis que c’est le moment. Je déchire la pochette, j’enfile la capote et je le glisse sur elle. Carole me dit : – Pas si vite, s’il te plaît. J’ai envie que tu me caresses. Je crois qu’elle sait, Carole, que c’est ma première fois. Elle prend ma main et la pose entre ses cuisses. Elle me guide pour que je la touche au bon endroit. En haut de son sexe. Ses lèvres sont humides et chaudes. Douces. J’entends son souffle accélérer. Je n’ose pas appuyer. Je tourne un peu maladroitement d’abord puis, sous mes doigts, je sens son clitoris qui grandit. Quelques minutes encore à la caresser et j’entre en elle. J’aimerais qu’on reste des heures comme ça mais je jouis rapidement. Carole ne dit rien. Je suis si bien. Là. Rien d’autre. Peau contre peau. J’aimerais mourir mourir maintenant. Elle me retient longtemps dans ses bras. J’ai fait l’amour. Je n’ai pas honte. La chair n’est pas triste. C’était bon. Je sais que Carole et moi, ça va s’arrêter là. Juste le désir à un moment. Quelque chose d’énorme qui monte. Une grande vague. Nos deux corps pour une seule fois. Carole. Ma première fois. Je me rhabille et je sors bientôt de la chambre. Je suis incapable de lui parler. Je quitte la fête aussi. Je n’ai pas la tête à m’amuser. Je me sens un peu bizarre. J’ai besoin de marcher longtemps dans la nuit. J’ai envie de pleurer presque. J’ai envie de me perdre, de ne plus jamais rentrer à la maison. Juste marcher longtemps dans la nuit.

Auteur hybride

Rythme de publication, rotation des nouveautés sur les tables des libraires, plus les années passent et plus le temps de vie des livres se réduit. Ce n’est pas une révélation. Quiconque navigue un peu dans le milieu du livre le comprend aisément et rapidement. Les grosses structures de diffusion-distribution liées aux grands groupes se gavent, asséchant la trésorerie des libraires, se payant sur les flux de marchandises, etc.

Au tout début de la chaîne, les auteurices se débattent autant qu’ils peuvent, mais il faut bien admettre qu’ils ont un peu de mal à sortir indemnes du durcissement du système. Je publie depuis 1999 et pourtant, il arrive encore que certains éditeurs me proposent des conditions indignes. 2 % de droits d’auteurs, par exemple, cette année, pour un album. C’est hallucinant !

Tout va trop vite. Et nous qui sommes le premier maillon de la chaîne, nous ne vivons pas suffisamment de nos droits d’auteurs. La chaîne est loin d’être vertueuse. Les libraires sont pris dans la vague, pas tous hein mais un nombre certain, se laissant porter par ce flux et reflux de nouveautés qui finissent rapidement au pilon. Écologiquement non plus, la situation n’est pas reluisante.

Pour éviter de sombrer, il semble logique aujourd’hui de raccourcir la chaîne, développer les circuits courts, arrêter d’engraisser les grands groupes à cause desquels nous allons dans le mur.

La crise du papier et des matières premières crée encore davantage de tensions. Et dans l’histoire, les auteurices devraient perdre une fois de plus.

J’ai pris la décision en 2019 de créer une petite structure d’édition, pour accueillir certains projets croisés ici ou là, au fil des rencontres, publier quelques-un de mes pas de côté aussi, faire renaître enfin des livres que j’ai publiés et qui sont épuisés aujourd’hui.

Cela fait de moi un auteur hybride, édité par des maisons de toutes tailles, même si ces dernières années, mon choix s’est plutôt porté sur des éditeurs de petite ou moyenne taille (La Cabane bleue, Hygée éditions) pour des raisons évidentes de proximité dans le travail, de qualité des échanges… mais prêt aussi, quand l’occasion se présente, à passer à l’autoédition.

Je dispose d’une formation dans l’édition, j’ai une petite expérience de la diffusion et un certain nombre de contacts avec des libraires qui suivent mon travail depuis plusieurs années déjà.

J’ai donc décidé cet automne de poursuivre l’aventure éditoriale en proposant la réédition en poche de deux titres conçus avec Laurent Richard, publiés il y a une dizaine d’années maintenant, indisponibles depuis un moment déjà… Les carottes sont cuites et La fin des haricots seront proposés dans une version poche. Ces deux opus annoncent la publication de la fin de l’histoire, La cerise sur le gâteau, que l’éditeur d’origine, Beluga (Coop-Breizh), n’avait pas souhaité éditer.

Il faudra attendre le printemps 2023 pour l’arrivée de la fin de la trilogie. Je prévois également la création rapide d’un véritable shop sur Internet. Je dispose d’une boutique sur ce site, ouverte encore en attendant le nouveau magasin, mais cette dernière n’est pas assez intuitive. Les productions pourront donc être achetées en circuit court, en vente directe. Ces livres seront bien entendu disponibles également chez vos libraires indépendants favoris. Si l’expérience se révèle concluante, d’autres rééditions suivront.

C’est pas encore la rentrée mais presque alors…

Après une belle coupure cette été, me revoilà au bureau avec un planning qui se précise pour la fin de cette année et le début de la prochaine, autant au niveau sortie que chantiers en cours… Un petit point s’impose.

Arrivée en librairie hier, j’espère que vous aurez plaisir à découvrir le tome 2 de L’encyclopédie des peurs. Tremblez si vous avez peur des clowns… et des fantômes.

Dans son manoir, Clara Baldamore reconstitue L’Encyclopédie des peurs, l’oeuvre de sa vie, grâce à sa petite-fille Lili, envoyée en mission à travers le monde. Cette fois, l’enjeu est de taille : capturer les précieuses phasmophobie (peur des fantômes) et coulrophobie (peur des clowns). Et quoi de mieux qu’une fête foraine pour surprendre des peureux ? Direction l’Amérique !

Les pinceaux dynamiques d’Ewen Blain vous entraîneront loin et à toute vitesse. Ce sont les éditions Jungle qui nous permettent de poursuivre l’aventure et je m’en réjouis. Si les ventes sont au rendez-vous… eh bien on pourrait bien partir rapidement sur un troisième opus.

Début septembre sortira chez Hygée éditions le 7e volume d’une collection que j’ai imaginée et que je développe avec le psychologue Baptiste Fiche autour de sujets de santé publique. Très joliment illustré par Francesca Carabelli, j’espère que Mes parents trop parents, consacré au surinvestissement parental, vous ravira.

Dès que Suzy rentre de l’école, elle est habituée à suivre le programme très chargé que ses parents lui ont concocté. Après les devoirs, quiz, activités manuelles ou sport si le temps le permet. Mercredi, basket, clarinette et anglais. Pour Suzy, c’est la normalité. Elle ne se rend pas compte que ses parents sont surinvestis, souhaitent être les meilleurs parents du monde. Mais un soir, Suzy est fatiguée, elle voudrait juste ne rien faire et passer un mercredi chez sa copine Lola… Mais comment faire comprendre à ses parents que « trop c’est trop » sans qu’ils se fâchent ? Ce nouvel album propose de mettre en lumière ces parents qui veulent trop en faire pour leurs enfants en les sollicitant chaque jour sans leur permettre de souffler ou de jouer avec leurs copains.Il s’adresse aux familles, aux médiathèques et à tous les professionnels confrontés à ces situations (psychologues, enseignants, infirmiers et médecins scolaires…)

La rentrée sera aussi l’occasion pour moi de remettre le nez dans plusieurs chantiers… dont un projet pour les éditions de La Cabane bleue. Il est un peu tôt encore pour vous en parler. Quelques salons et ateliers à venir également…

Je finis ce billet en revenant sur une publication de juin qui, je l’avoue, m’a rendu un peu fier. Dans sa collection Classiques et contemporains, Magnard a décidé de publier une anthologie nommée Sept nouvelles de la terre.

Le « casting » est impressionnant. J’ai de quoi être intimidé. C’est Bas les masques, nouvelle initialement publiée chez Thierry Magnier en 2005 dans le recueil Nouvelles vertes qui est reprise ici.

Un moment que…

Un moment que je n’avais pas trouvé le temps de passer par ici pour donner quelques nouvelles… C’est que ces dernières semaines, interventions scolaires, ateliers et salons se sont enchaînés à un rythme pas loin d’être effréné. Une des conséquences de la longue période morne et virale que nous avons toutes et tous traversés. Voilà ce qui m’a tenu éloigné de mon bureau. De très jolis projets, menés en local (ateliers d’écriture à Pipriac en primaire et à Redon au collège, interventions scolaires dans le cadre du super salon du livre jeunesse de Questembert) et bien plus loin, du côté de Commercy dans la Meuse.

Retour au calme donc, le moment parfait pour évoquer les derniers livres arrivés en librairie.

Parution très récente de deux opus qui permettent de poursuivre des collections qui me tiennent très à cœur parce qu’elles ont du sens. La joie aussi de les travailler en local, avec de multiples faces à faces possibles, ce qui me semble précieux pour avancer.

Suis du doigt le hérisson avec mes amies des éditions de La Cabane bleue. Pour tout savoir sur le hérisson, animal qui ne manque pas de piquant. Magnifiquement illustré par Léonie Koelsch.

La disparition de ma maîtresse, sixième livre de la collection Et si on parlait de… qui se propose d’aborder des sujets de santé publique, avec l’éclairage du psychologue Baptiste Fiche et pour ce volume, les douces images de Marine Cariou. Il fallait pas mal de douceur puisque ce livre évoque le deuil. Collection accueillie chez Hygée éditions.

Voilà pour les parutions du printemps.

A la fin de l’été, vous retrouverez Lili, l’héroïne de l’Encyclopédie des peurs pour une deuxième aventure. Sortie le 18 août chez Jungle. Ewen Blain travaille sur les dernières planches du volume. Sans tout dévoiler, sachez que Lili aura pour la seconder un nouvel ami, Rudy. J’espère que vous réserverez un bon accueil à ce nouvel opus.

Et pour voir un peu plus loin… eh bien au printemps 2023 sortira Les Ambassadeurs, roman graphique antispéciste développé avec l’ami de longtemps, Laurent Richard.

Des livres audio en circuit court

Fin 2020, j’ai pris la décision d’auto-éditer des livres audio. Certains de mes textes ont paru en revue ou en volume et ne sont plus disponibles. La chaîne du livre a toujours grand soif de nouveautés et dans le secteur jeunesse, cette tendance a tourné à l’hystérie depuis longtemps. Tout s’accélère. Les livres arrivent en masse et chassent le fonds des librairies. Pas toutes hein heureusement… En tout cas on s’est fait à l’idée que la plupart des livres auraient une vie éphémère.

En privilégiant le circuit court, je réduis les intermédiaires et m’assure au final une meilleure rémunération. Je fais également revivre des textes qui autrement, seraient tombés aux oubliettes.

Ces trois références sont disponibles en librairie ou directement sur la boutique de ce site, par ici. Elles sont destinées aux enfants à partir de 3 ans.

J’assure des livraisons très rapides. J’expédie le jour où vous passez votre commande, le lendemain au plus tard.

Pour la fin de cette année, une quatrième référence devrait voir le jour. Je vous en reparlerai plus tard. En attendant, bonne écoute !

Maldoror et moi en librairie

Depuis mercredi dernier, Maldoror et moi est disponible en librairie. Nous sommes très heureux avec Laurent du résultat. Le volume est de toute beauté. Grand merci à Franck Marguin et aux éditions Glénat. On espère que vous aurez envie de découvrir cette plongée dans un noir profond, cette tentative de rendre palpable une partie des Chants de Maldoror.

Très belle critique hier de Jonathan Fanara sur le site Le mag du ciné. C’est par ici.

Bonne lecture !