L’attentat

Bah voilà… retroussons-nous les manches !

L’attentat

Ils avaient agi la nuit. Ils étaient arrivés toutes et tous à l’heure pour que l’opération soit une vraie réussite. Longtemps qu’ils étaient enfermés, assignés à résidence, confinés. Le moment était enfin venu de sortir.

L’idée avait germé dans une première tête et s’était vite répandue. Une fois la décision prise, l’attentat retenu comme mode d’action, chacune et chacun avaient travaillé dans son jardin respectif afin d’en tirer le meilleur individu, assez jeune pour être déplacé. Parfois, il avait fallu plusieurs heures pour le choisir, le prélever et lui accorder les soins appropriés afin qu’il puisse tenir quelques heures hors de son milieu.

Les deux éléments les plus remontés du commando, les plus radicaux, n’avaient pas dormi la nuit précédente. Ils étaient tellement excités… Ils faisaient dorénavant partie d’une frange terroriste inédite. Leur action servirait d’exemple. Le pouvoir en place dans le pays, cette bande de pitres cyniques, serait bientôt renversé. Et le vieux monstre capitaliste s’écroulerait. En tout cas, ce serait l’une des premières étapes de quelque chose de neuf. La population attendait cela depuis longtemps, souvent sans le savoir. Davantage de partage, de solidarité. Personne ne pouvait se dresser contre un si beau programme. Tout juste quelques premiers de cordée qui finiraient par s’étouffer en mangeant leurs billets.

L’équipe avait rejoint le centre de la ville à pied, avec des bêches et des pioches, les armes les plus appropriées, enfin celles que tout le monde possédait plutôt. Une fois sur place, il n’y avait eu aucune effusion. L’action comptait avant tout. Les embrassades seraient pour après.

Toutes et tous s’étaient mis au travail sans perdre un instant, creusant avec application, après avoir défoncé le goudron à coups de pioche. Une fois l’espace dégagé, dix grands trous avaient été faits et les arbres placés.

Le lendemain, les élus auraient une surprise en arrivant à la mairie. Devant le bâtiment, dix arbres fruitiers, dans quelques années magnifiques. Dix arbres à partager. Un bien commun. Le monde allait radicalement changer.

Benoît BROYART, 4 mai 2020

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