Mon épaisse colère

La colère est venue très vite. Je suis coutumier de la colère. Elle est pour moi une compagne quotidienne. Elle me gagne en un rien de temps. Mais là, c’est l’épaisseur de cette colère qui m’a surpris, sa densité.

Et puis se demander avec quels curseurs ils sont en train de jouer et jusqu’où ils pensent pouvoir aller sans que ça déborde.

Bien souvent, on oppose à mes raisonnements simplistes de la complexité. Et on a raison. Mais cette fois-ci, ça me semble différent. Quand l’intention de départ est mauvaise, quand la vision du monde imposée ne convient pas, rien ne peut sortir de bon ou même d’acceptable. C’est simple à comprendre. Ce qui est plus compliqué, peut-être, c’est de savoir jusqu’où ils oseront aller et comment leur pensée s’articule avec précision. Ce qui tient du mensonge, de l’incompétence, de l’ironie, du mépris, du cynisme.

Retenir ça juste : rien de bon ne peut venir de ces gens-là. Et se souvenir, ne jamais oublier que le désastre ne tombe pas du ciel, que notre capacité à y faire face, que les morts qui s’entassent sont bien morts à cause de l’ultralibéralisme, du monde tel qu’il ne va pas, des économies faites sur le dos du plus grand nombre afin de permettre à quelques-uns de se gaver. Des années qu’on mène la santé et l’éducation comme s’il s’agissait d’entreprises, et le gouvernement actuel n’a fait qu’accélérer le mouvement.

La colère… Et prendre le temps de se dire qu’elle ne retombera pas, qu’elle continuera à s’épaissir, qu’il ne faudra pas qu’elle retombe. Y injecter de la joie, de l’enthousiasme, pour continuer d’affirmer que ce monde, celui de l’ultralibéralisme, n’est pas tenable, qu’il doit cesser d’être, que toutes et tous nous devons être contre pour qu’il bascule.

Ici et là, on entend résonner déjà quelques nouvelles, des changements d’habitude. Dans la petite commune où je vis, des producteurs locaux regroupés préparent ces dernières semaines 90 paniers (légumes, fromage, œufs, pain, bière) au lieu des 30 habituels. Des gens découvrent qu’à quelques centaines de mètres de chez eux, on fabrique des produits de qualité. Plusieurs grandes villes ont déjà prévu de favoriser le vélo comme moyen de locomotion pour l’après confinement. Ce sont peut-être les premiers signes de changements plus profonds qui s’amorcent.

Cette période est une période de flottement. Et si on en profitait pour continuer de bouger les lignes et sortir d’un système injuste et mortifère…

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