Commencer par balayer devant sa porte

Les semaines se suivent et les catastrophes liées au changement climatique s’enchaînent. Sur les réseaux sociaux, les images de l’Amazonie en flamme font le tour de la planète en quelques secondes et les indignations fusent. On partage. On signe des pétitions derrière nos écrans sans lever une fesse. Comment faire autrement ?

Mais comment ne pas se sentir aussi parfaitement épuisé et impuissant alors qu’on nous annonce chaque matin l’apocalypse ? Je suis fatigué d’entendre qu’il n’y a rien à faire, que l’humanité va dans le mur, qu’il nous reste 18 mois pour réagir, que la hausse des températures est plus importante qu’annoncée, etc. J’ai déjà ôté de mes amis sur FB quelques spécialistes de la fin du monde.

Comme Paul Jorion dont je suis la blog avec attention, j’appelle  bien de mes vœux la fin d’un certain monde, mais je refuse de me résoudre à la fin du monde. Parce que la fin de ce monde-là, celui de l’ultralibéralisme qu’on nous vend comme seul modèle possible et qui gangrène la planète entière, la fin de ce monde-là entraînera je l’espère la naissance d’un autre monde, et que l’humain parviendra à s’envisager avec davantage d’humilité, comme faisant partie d’un tout, un élément de la nature parmi d’autres.

Et pour cela, ça va paraître dérisoire à certains mais ce sont d’abord des gestes quotidiens dont nous avons besoin. Pour changer le monde, les mentalités, il faut commencer chacun à son échelle. Balayer devant sa porte déjà, réinterroger sa vie. Parce que du pouvoir, nous en avons au moins toutes et tous un peu, et si nous nous groupons localement, nous serons des dizaines, des centaines voire des milliers et commencerons à déplacer des montages.

Nous n’éteindrons pas les feux qui ravagent l’Amazonie mais par contre, nous pouvons… je ne sais pas moi, fonction du lieu où nous habitons, de ce qu’est notre vie quotidienne, modifier un tas de choses…

Déplaçons-nous plus fréquemment en vélo, cultivons notre potager, créons à la campagne, sur nos terrains, des zones de bzzz, des zones de non-chasse, des zones où l’on sera sûr que personne ne viendra mettre les pesticides qui nous tuent, mangeons moins de viande, et de la bonne surtout, achetée en vente directe du producteur… réduisons la longueur des circuits de nos approvisionnement, achetons local… ouvrons les fenêtres et baissons les clims… boycottons les grandes marques mortifères… laissons les hypermarchés mourir… Vaste programme !

Il se développe depuis quelques années déjà, ici et là, et j’ai la chance de vivre dans l’un de ces endroits, des dizaines d’initiatives fabuleuses, à petite échelle. Parce que l’issue est sans doute là et pas ailleurs. Parce que c’est le seul chemin possible et qu’en plus, il nous mène forcément vers davantage de solidarité, de partage. Entre êtres humains bien entendu, mais pas que, pas seulement. Avec tout le vivant qui nous entoure et dont nous dépendons.

Des pétitions, bien sûr, quand elles sont nécessaires, mais davantage de véritables engagements. Pour faire bouger les lignes, remuons-nous localement.

L’action récente de Daniel Cueff est la preuve qu’il faut commencer par la base de l’édifice si l’on veut changer le monde. Ce n’est que le début d’un très vaste mouvement. Et des exemples comme celui-là, il en existe de nombreux. Nous sommes toutes et tous les acteurs.trices du monde qui vient.

Je rencontre quotidiennement des jeunes formidables qui évoluent déjà dans un nouveau paradigme. J’ai envie d’être à leurs côtés.

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